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George Reichard, soldat canadien dans la Grande Guerre


George Reichard
 
 
 
 
 
 
Le 27 septembre 1918, George Reichard
soldat du 47e Bataillon de la 4e Division Canadienne
est « killed in action », tué instantanément par des schrapnels,
le matin de l’offensive dite « du Bois de Bourlon » (Pas-de-Calais), près de Cambrai (Nord), en France.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

L’engagement du Canada dans la guerre de 1914-1918

 

Dès le 4 août 1914, jour de la déclaration de guerre du Royaume Uni à l’Empire allemand, le Canada est légalement en guerre. Le pays est un «dominion» auto-géré de l’Empire Britannique mais ne contrôle pas ses affaires étrangères.Affiche de recrutment canadienne de la guerre de 14-18 Si l’entrée en guerre n’est pratiquement pas remise en question à cette date-là, la taille et la nature de l’engagement sont vigoureusement débattues, ainsi que les relations avec la Grande-Bretagne.
Le Canada ne dispose pas d’une grosse armée, jusqu’à ce jour seules des milices de volontaires ont une activité régulière, principalement de surveillance des frontières. Ainsi les Canadiens doivent être motivés pour participer à cette guerre. Une grande campagne de propagande est organisée, vite relayée par l’opinion publique. Les « Canadiens » se précipitent alors pour s’engager pour raisons de patriotisme, de goût de l’aventure, pour s’opposer à l’agression germanique ou pour des liens particuliers avec la Grande-Bretagne. D’autre part, il était courant dans beaucoup d’endroits du pays de penser que ceux qui ne s’engageait pas étaient des couards, remettant en cause aussi leur loyauté au pays. De fait, peu d’engagés sont réellement de nationalité canadienne : ceux qui se sentent le plus concernés sont ceux nés sur le sol britannique.
Devant la rigueur et la longueur de la guerre l’enthousiasme faiblit et il faut, à la fin de 1916, après de longs débats, recourir à la conscription obligatoire.
 
 
 

Le parcours du soldat George Reichard

 Région de Waterloo,Canada

George Reichard, est né en 1878 à Wellesley, Région de Waterloo dans l’Ontario.
Il a 36 ans en 1914 et vit chez ses parents à Hensall dans le Comté du Huron, un peu plus à l’Ouest, toujours en Ontario. Il est ouvrier de filature. Sur son dossier militaire, il est indiqué qu’il mesure 1 mètre 80 et que sa forme physique est «excellente». Il a régulièrement servi l’été (treize en tout) dans la milice dans le 33e Bataillon d’Infanterie du Huron. Il est « Canadien ».
 
Donc, George Reichard se porte volontaire le 6 avril 1916 pour servir dans le 161e Bataillon du Huron en tant que simple soldat de la « Canadian Overseas Expeditionary Force ».
Il commence son entraînement au Canada jusqu’au 6 novembre. Il établit alors son testament et s’embarque depuis Halifax pour Liverpool où il arrive le 11 et rejoint le Camp de Witley, dans le Surrey, où il perfectionne son entraînement pendant quinze mois avant d’être transféré au Camp de Bramshott dans le Comté d’Hampshire en mars 1918. Il est alors intégré dans le 47e Bataillon d’Infanterie Canadienne (Régiment d’Ontario Occidental), 4e Division des Forces Canadiennes.
Fin mars 1918, George Reichard est envoyé sur le territoire français en renfort des Forces Canadiennes, sans précision de lieu : la réalité des forces alliées devait être gardée secrète en vue d’une offensive déterminante, connue depuis sous le nom des « Cent Jours du Canada ».
 
Enfin le 6 août il est envoyé au front : c’est d’abord la Bataille d’Amiens (11 800 victimes canadiennes).
 
Canadian advance 1918

Après la prise d’Amiens le 8 août, les commandements alliés s’accordent sur une offensive multi-armées sur le front de l’Ouest contre les forces allemandes qui, pour la première fois dans la guerre semblent vulnérables.

Les Canadiens sont en première ligne de l’attaque menée par la Première Armée Britannique sur le front d’Arras, sur la ligne Drocourt-Quéant et commencent leurs opérations le 26 août. Le bombardement initial fait exploser les positions allemandes mais est suivi d’une intense bataille longue d’une semaine, faisant plus de 11 000 victimes canadiennes. Les troupes canadiennes percent la ligne très fortifiée de Drocourt-Quéant le 2 septembre.
Après presque un mois de préparations et de plannification, le Canadian Corps se lance alors dans une opération très risquée dont l’objectif est de reprendre la position stratégique de défense allemande connue sous le nom de « Ligne Hindenburg », par le Bois de Bourlon situé sur la ligne de crête à l’ouest de Cambrai, non loin du canal du Nord, de l’Escaut canalisé – deux objectifs cruciaux pour le contrôle des importants axes routiers et ferroviaires de Cambrai.
Cette opération, commencée le 27 septembre au matin, se termine le 9 octobre suivant par la reprise de Cambrai.

A 5:20 le matin du 27 septembre, la 1e Division Canadienne avance rapidement, et traverse le lit à sec du Canal du Nord à l’aube. Passant à travers ses rangs, la 4e Division entre dans le village de Bourlon à environ 9:45 du matin, mais les pertes humaines ont été lourdes.
C’est là que le soldat Reichard est atteint par des schrapnels mortels.

A 2 heures de l’après midi, les Canadiens atteignent l’objectif de la reprise du Bois de Bourlon. Les divisions canadiennes et anglaises repoussent ensuite les Allemands de la tranchée de Marcoing. La victoire est acquise à 8 heures du soir, quand la dernière poche de résistance est vaincue.

Les Batailles d’Arras et du Canal du Nord ont fait environ 30 000 victimes canadiennes, mais ont aidé à briser les dernières positions défensives de l’armée germanique. Après la traversée du Canal du Nord par les toupes canadiennes et les autres troupes alliées, les forces allemandes sont complètement engagées dans la retraite. La fin de la guerre est proche.
 
 
 
Sources principales :
 
Bibliothèque et Archives Canada, Première Guerre Mondiale
et particulièrement : La Bataille du Canal-du-Nord et de Cambrai et le dossier militaire personnel du soldat George Reichard.

Musée Canadien de la Guerre, Le Canada et la Première Guerre Mondiale

Vous pouvez regarder les documentaires suivants sur le site de l’Office National du Film du Canada : Entre les lignes, la vie du soldat (9 minutes) ou Entre les lignes, film de Claude Guilmain (33 minutes)
 
 
 
L’engagement de George Reichard : une affaire de famille ?

68-Burnhaupt le Haut - maison

Une des rares maisons de Burnhaupt-le-haut à avoir résisté à la Première Guerre Mondiale


Ignace Arnitz, sa femme Barbara (née Koegler) et leur deux premières filles s’embarquent pour la grande aventure de l’émigration en Amérique entre 1852 et 1854.

Ils quittent Burnhaupt-le-Haut, dans le Haut-Rhin (France) et au vu des événements ultérieurs, on serait tenté de dire que leur émigration était peut-être une bonne idée : ils sont partis avant l’épidémie de choléra de 1855, ils ont échappé à la guerre de 1870, à l’occupation allemande (encore que… j’y reviendrai), aux premiers jours de la guerre en 1914, lorsque Burnhaupt s’est retrouvé sur la ligne de front, presque entièrement détruite, et ses habitants évacués sur Mulhouse…
 
 
 
 
 
 
 

Leur destination est le Canada et plus précisément la Région de Waterloo dans l’Ontario, entre le lac Erié, le lac Ontario et le lac Huron, non loin des chutes du Niagara. A cette époque, cette région ressemble assez à leur région d’origine : vallonnée et boisée, à dominante agricole.

 
 
Je n’ai pas retrouvé trace de leur passage sur un bateau pour les Etats-Unis et s’ils sont arrivés directement au Canada, les listes de passagers d’avant 1865 sont peu nombreuses dans les archives. La date exacte de leur voyage est donc pour le moment inconnue. (Ils ont peut-être cependant rempli une demande en France, à rechercher). On peut cependant cerner cette date entre deux accouchements : le trajet est long pour traverser l’Atlantique, puis en chariot (ont-ils déjà profité des premiers trains ?) de la côte atlantique à l’Ontario. Or leur fille Joséphine est née pour Noël 1851 et Barbara a accouché de sa troisième fille, Mary Ann, au mois d’août 1854 à Saint Agatha dans la région de Waterloo. Il faut espérer qu’elle n’a pas fait le voyage enceinte de plus de six mois. Ou alors qu’elle a débarqué en hiver mais trouvé un endroit confortable pour attendre le dégel.
 
 

Ils y ont déjà de la famille et des voisins : la tante de Barbara, Marguerite y est arrivée au début des années 1830. Même si elle déjà décédée en 1852, Barbara a de très nombreux cousins et cousines ! Leurs voisins Pierre et Thiébaud Kuenemann, maçons de Mortzwiller y sont depuis 1840 ; les tuiliers Ignace Ditner et Xavier Schueler y sont depuis à peu près la même époque. Leur départ a dû faire du bruit dans le pays. Peut-être ont-ils fait savoir à Ignace qu’il pouvait y avoir du travail pour lui dans la région ? Elle est en pleine expansion et il y faut de la main d’oeuvre pour construire villes et villages. Alors, de tuilier Ignace devint aussi briquetier (ce qui est une variante logique de la profession, à l’époque).

Un autre avantage de la région de Waterloo en 1854 est que la population est majoritairement germanophone : des mennonites venus de Pennsylvanie parlent un dialecte compris par les Allemands venus directement d’Allemagne et les Alsaciens se fondent probablement bien dans le décor, même s’ils sont très minoritaires. La ville principale est Berlin.
La belle entente se dégrade en 1870 quand les Allemands s’emparent de l’Alsace. En 1871 se tient la «Friedenfest», «Fête de la paix», pour célébrer la victoire de la Prusse sur l’Allemagne. Plus de 10 000 Allemands y participent. Pendant les deux décennies suivantes, les Allemands de première et de deuxième génération restent très attachés à leurs racines, même s’ils disent se sentir de plus en plus britanniques. En 1914, l’animosité envers les Allemands se cristallise : le buste de l’Empereur Guillaume Ier est jeté dans le lac du Parc Victoria à Berlin. L’attachement au Canada est questionné. Le nom même de la ville est remis en question. Après un vote populaire en juin 1916, la ville est renommée Kitchener. Le sentiment anti-allemand est présent dans tout le pays, les noms de rue changés, des camps d’internements créés pour les «ennemis étrangers» (plus de 8 000 germanophone y ont été internés au cours de la guerre).

Wellesley

vue rurale de Wellesley


Les cinq filles Arnitz restent cependant dans les environs de Waterloo jusque dans les années 1890. La génération suivante partira pour les Etats-Unis.
Une exception : Mary-Ann, le première « Canadienne » de la famille épouse en 1875 Adam Reichart. Adam est né en Allemagne, dans le grand duché de Hesse en 1853. Il est arrivé au Canada encore bébé. On ne trouve pas trace de ses parents (Conrad et Elisabeth) dans les registres : ils sont probablement décédés avant 1875. Le couple s’éloigne de la région en 1879, se dirigeant vers l’Ouest et le lac Huron. Lucan, Hay, ils finissent par s’établir à Hensall (maintenant partie de la communauté de communes de Bluewater). Ils restent probablement en contact avec les parents de Mary-Ann, qui parlent encore de l’Alsace – en alsacien.
Les grands-parents décèdent en 1897, à un mois d’intervalle.

George Reichart, deuxième fils de Mary-Ann et d’Adam est né en 1878. Il a donc connu ses grands-parents alsaciens presque jusqu’à ses vingt ans. Il ne semble avoir pas connu ses grands-parents allemands.
Son nom est souvent changé en Reichard sur les papiers officiels, parfois même en Richard, accentuant son caractère « Canadien », britannique – de la deuxième génération déjà de part sa mère.
Même s’il hésite un an et demi après le début de la guerre pour s’engager, de nombreux facteurs semblent réunis pour qu’il se décide :

– il est célibataire ;
– d’origine alsacienne entretenue longtemps par ses grands-parents, il a peut-être à coeur d’aider à chasser les Allemands hors de l’Alsace ;
– ses origines allemandes sont mal acceptées (ses parents se sont éloignés du coeur de la région germanophone pour se retrouver en territoire plus anglophone, neutre pour le couple ; son père n’a pas de famille pour lui rappeler ses origines) ;
– et puis il doit, à cause de ces origines prouver son attachement à sa patrie de naissance.

Les motivations patriotiques et sentimentales tant mises en avant dans la propagande pour la conscription volontaire sont là bien présentes.

Il est certain que George Reichart a combattu pour le Canada et la Grande-Bretagne. Mais n’a-t-il pas aussi combattu pour la France ? Ne mériterait-il pas une mention «Mort pour la France» ? ou tout du moins «pour l’Alsace française»?

Il est resté sur le sol français

Le soldat George Reichard a été inhumé au Quarry Wood Cemetery, cimetière militaire canadien de Sains-les Marquions, commune limitrophe de Bourlon dans le Pas-de-Calais. Ce cimetière de plus d’un hectare comprend plus de 278 sépultures.
A l’Ouest du Bois de Bourlon se dresse un monument canadien honorant la mémoire des soldats qui y sont morts; il jouxte un cimetière militaire britannique.

Memorial de Bourlon

The Canadian Corps on 27th sep.1918 forced the Canal du Nord and captured this hill.
They took Cambrai, Denain, Valenciennes & Mons; then marched to the Rhine with the victorious Allies.

George Reichard a reçu la « British War Medal » à titre posthume.

Son neveu Aaron Knechtel a lui aussi combattu pendant les derniers mois de cette guerre, engagé avec l’armée américaine. Il en est revenu sans blessure (physique).

Champs d'honneur

Champs d’honneur : documentaire de 1964 sur le site de l’Office National du Film Canadien


merci à Mary, ma cousine de l’Illinois sans l’aide de qui cet article n’aurait pu se faire…

Soldat alsacien dans la Grande Guerre





Guewenheim monument aux morts

Sur le monument aux morts du village de Guewenheim, à quelques kilomètres à l’Ouest de Mulhouse, dans le Haut-Rhin, cette inscription pudique :

« HONNEUR À NOS MORTS »
 

En effet, cette mention renvoie à des réalités bien différentes :
 
il y a les morts sous le drapeau allemand
et les morts sous le drapeau français,
tous réunis dans un même hommage.
 
 
 
 
Quand la guerre débute, le 1er août 1914, l’Allemagne est la première à mobiliser, suivie de près par la France. En ces premiers jours de guerre, l’Alsace est allemande. Ceux qui y ont fait leur service militaire sont donc réquisitionnés par l’Empire allemand. Les plus malchanceux partiront dès les premiers jours de la guerre, sans se poser la question d’un choix.
Or, dès le 5 août, le gouvernement français fait promulguer une loi permettant aux Alsaciens-Lorrains de s’engager volontairement dans l’armée française. Cet engagement étant considéré du point de vue allemand comme une désertion, les soldats sont souvent obligés d’opter pour une nouvelle identité, afin, au cas où ils seraient faits prisonniers, de ne pas être jugé coupable de trahison et punis de mort et afin d’éviter que leur famille ne subisse des représailles. D’autre part, ils sont envoyés loin du front, à moins de signer, à partir du 4 janvier 1915, qu’ils consentent par écrit à se battre contre les Allemands.
 
En feuilletant les livrets matricules (en ligne sur le site des Archives du Haut-Rhin pour la période allant de 1893 à 1921), ces situations se retrouvent clairement.
Il faut noter que ces livrets ont été mise en place par le gouvernement français après la guerre, alors que l’Alsace est redevenue française et qu’il faut établir le statut militaire des hommes présents sur le territoire et encore en âge d’être mobilisés. Il ne prend donc en compte que les survivants, d’un camp comme de l’autre.
 
Mis à part les Alsaciens qui se trouvaient déjà sur le territoire français lors de la déclaration de guerre, trois cas se distinguent :
 
 
les soldats qui n’ont pas fait la guerre (trop aĝés, chargés de famille, handicapés, etc.). Ils ont la mention « N’a pas servi dans l’armée allemande ». Ils ne sont généralement plus mobilisables.
n'a pas servi en Allemagne
 
 
les soldats qui ont fait toute la guerre dans l’armée allemande (souvent du 1er au dernier jour).
Ils ont la mention : « a servi dans l’armée allemande » et le plus souvent le tampon :
réintégré de plein droit
Il leur est donné une nouvelle affectation quand ils sont encore mobilisables :
réintégration d'un soldat alsacien
 
 
les soldats qui sont partis pour Mulhouse dès sa libération au début du mois d’août, plus souvent vers Belfort ou Besançon, pour s’engager volontairement dans l’armée française. (Certains ont déserté l’armée allemande au cours de la guerre ).
 
on remarque sur cette fiche le « nom de guerre » : Luigi Bellardi.
Fiche matricule d'engagé volontaire 1
 
 
 
 
 
 
 
Leur parcours est souvent dans les territoires d’Outre-Mer ( ici : Côte d’Ivoire, Tunisie, Maroc en tant que zouave dans la Légion Etrangère). Comme la loi les y autorise, ils réclament ensuite la nationalité française. Puis, à leur démobilisation, ils se retirent en Alsace.
Fest engagé volontaire alsacien
 
Ceci leur vaudra plus tard la reconnaissance de la patrie française : la Médaille des Évadés, créée le 20 août 1926, ainsi que, plus tard, éventuellement, la Croix du Combattant Volontaire.
médaille des Evadés
(Il est à noter que cette personne a aussi fait partie des FFI, section de Mulhouse, pendant la 2nde Guerre Mondiale.)
 

Le frère de mon arrière-grand-mère, Léonard Ringenbach, quant à lui, a choisi une option particulière.
De la classe 1902, il a fait son service militaire dans la Marine allemande, à Wilhemshaven.
Leonard Ringebach en costume de marin allemand
J’ai retrouvé son carnet militaire, accompagné des instructions en cas de déclaration de guerre :
carnet militaire de l'empire allemand
Consigne en cas de déclaration de guerre
Consignes en cas de déclaration de guerre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Sentant probablement le vent tourner, il a décidé, à la fin de l’année 1913, d’émigrer « en Amérique ». Pour cela, il a dû demander une dispense de présentation à sa période de renouvellement de son service pour deux ans pour cause de « congé ». Cette dispense lui a été accordée, mais il est spécifié qu’en cas de mobilisation, il doit impérativement rejoindre son affectation militaire. Il s’en est bien gardé, évidemment…
Dispense de service pour cause de congé
Registration card 1918 Leonard Ringenbach
Sa carte d’enregistrement établie aux Etas-Unis le 12 septembre 1918 nous informe qu’il était « ressortissant d’Alsace-Lorraine » et dans ce cas « réclamé par l’Allemagne ». Il n’est cependant pas parti.
 
 
 
 
 

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Sur mon arbre généalogique figurent deux soldats nés à Guewenheim et décédés au cours de la Première Guerre Mondiale dont le nom est porté sur le monument aux morts de Guewenheim.
 
 
Aloys Arnitz, (1882-1914), cousin de mon arrière-grand père, est décédé dans les rangs de l’armée allemande.
 
Dès les premiers jours de guerre, le 21 août 1914, il est tombé dans le secteur de Schimerck (Bas-Rhin).

décès Aloys Arnitz 1914 surligné

Wehrmann Alois Arniz – Gehenheim, Kreis Thann -tot.


Il était « Wehrmann », simple soldat, de la 9ème Cie, IIIème Bataillon de la réserve d’infanterie, Régiment n°110 (Rastatt, Karlsruhe, Mannheim).
Cimtière militaire allemand de La Broque
Ses restes reposent au cimetière militaire allemand de La Broque (Bas-Rhin).
 
 
 
 
 
Sur sa fiche retrouvée sur le site MemorialGenWeb, en regard de la rubrique « Mention Mort pour la France » est inscrit : « Mention non applicable ».
 
 

Joseph Schmitt (1886-1918) est Mort pour la France.
 
Le 31 juillet 1914, dernier jour de « paix », Joseph Schmitt se marie à Rougegoutte, (actuellement dans le Territoire de Belfort, à l’époque encore dans le Haut-Rhin). Il y réside quand il s’engage, probablement en 1915 d’après sa fiche retrouvée sur le site « Mémoire des Hommes » (déserteur ou non retenu pour le service allemand ?).
Incorporé à Besançon, sa dernière affectation connue est le 16e Régiment d’Infanterie Coloniale (Chine, Cochinchine, Tonkin) où il est soldat de 2nde classe. Il est envoyé en Chine puis, en 1918, il est choisi pour faire partie des « marsouins » qui formeront le Bataillon Colonial Sibérien chargé de lutter contre les Bolcheviks en Sibérie au côté des Tchèques. Ce Bataillon est d’ailleurs constitué de zouaves Alsaciens-Lorrains.
Sur sa fiche, il est indiqué que le 31 octobre 1918, il a été « tué par une explosion d’un convoi de munitions qu’il escortait ».
 
Toujours sur le site de Mémoires des Hommes, à la section « Journaux des marches et opérations des corps de troupe », Bataillon Coloniaux, Bataillon Colonial Sibérien, J.M.O. 13 juillet 1918-10 mars 1920, cote 26N 868/13, p32, on trouve l’information suivante :
 
décès de Joseph Schmitt
« Irkoutsk, 2nov. – Arrivée à 14 heures. – Le Commandant apprend que le train tchèque de munitions escorté par la demi-section de zouaves (Lt.Braunstein) a sauté par suite d’un accident à Biélaia (74 verst à l’Ouest d’Irkoutsk). Le caporal et deux hommes de l’escorte ont été tués et le lieutenant et deux hommes ont été blessés. Le train qui comprenait 40 wagons a été détruit, 5 wagons seulement ont pu être sauvés. L’accident ne semble pas être dû à la malveillance, mais à la négligence du personnel des chemins de fer russe. »
 
 
 
Pour approfondir le sujet, je vous conseille quelques lectures :
 
L’engagement des Alsaciens-Lorrains dans l’armée française pendant la Grande Guerre, sur le site de l’Association historique de Kalhausen.
 
La Bataille du Donon, bataille près de Schirmeck du 14 au 21 août 1914. Il est très probable que Aloys Arnitz soit décédé lors de ces combats.
 
Le Bataillon Colonial Français de Sibérie, extraits de la thèse du colonel Boulié, lieutenant au 16° R.I.C. en 1918 et de la causerie-débat de M. Borde, marsouin au 9° R.I.Ma. en 1961.

 
 
(la liste des victimes de guerre allemandes est disponible avec un abonnement payant à Ancestry :
Germany, World War I Casualty Lists, 1914-1917, Verlust-Liste Nr. 0020-0060 (11 Sep 1914 – 29 Sep 1914) > Verlust-Liste Nr. 0050 (26 Sep 1914))

la généalogie dans la littérature





les écrivains parlent de généalogie


de la dentelle

de la poussière
 
 

Joseph Arnitz tuilier


Joseph Arnitz, né en Suisse, dans la région de Lucerne vers 1650, est arrivé en Alsace dans les années 1680 pour y exercer son métier de tuilier à l’abbaye de l’Oelenberg, près de Mulhouse.
Comme vous pouvez le voir sur cette photo : abbaye Notre-Dame d’Oelenberg, il y avait beaucoup de tuiles à fournir !

Tuiles en queue de castor

 

La production est une tuile d’argile, plate, à bout arrondi, dite « à queue de castor» (Biwerschwanz).

 
 
 
 
 

Un certain nombre de ses descendants ont continué à exercer ce métier, et à marier leurs filles à des tuiliers.

jean jacob arnitz

Marque de Jean Jacob Arnitz au mariage de son fils Jean en 1736

A cette époque, les tuileries sont le plus souvent communales. Les tuiliers les occupent par un bail de trois ans, en général. Ils se déplacent donc souvent. Très difficile physiquement, il n’était pas rare à l’époque que cette activité soit saisonnière (l’hiver principalement) et qu’elle alterne avec une autre occupation, celle de tisserand ou d’agriculteur, par exemple.
Mes ancêtres ont majoritairement acquis un bout de terrain pour y finir leurs jours.


Dans les années 1860, les tuiliers se confrontent à une nouveauté technologique : la tuile industrielle, inventée en 1841 par les frères Gilardoni. Plus légère, plus rapide à faire, et surtout beaucoup plus pratique à utiliser, elle va peu à peu remplacer la tuile artisanale.
Peu de tuiliers artisanaux alsaciens ont pu se reconvertir à la fabrication industrielle, car l’investissement demandé était très important. Des 200 tuileries artisanales encore en activité à la fin du XIXème siècle, seules deux subsistent aujourd’hui.

Grâce au site frise chronologique, j’ai dressé une frise généalogique des descendants de Joseph Arnitz ayant exercé ce métier de tuilier, en Alsace principalement, mais aussi en Lorraine et Franche-Comté, ainsi qu’au Canada,

 
(cliquez sur l’image pour la voir plus nettement)


Il y manque certaines informations. Les archives du Haut-Rhin n’étant en ligne que pour la période post-révolutionnaire, j’ai cependant réussi à glaner quelques dates antérieures grâce à l’aide de généalogistes amateurs; j’attends avec impatience la mise en ligne des registres paroissiaux pour terminer cette étude.


Vous trouverez sa généalogique sur l’arbre que je lui ai dédié sur Généanet : arnitzbis

Les annotations (anciennement post-it) sur Généanet





Les annotations (post-it) sont un moyen très commode mis en place par Généanet. Il s’agit toutefois de bien en saisir le mécanisme pour pouvoir les utiliser de manière optimale. Or ceci n’est pas suffisamment expliqué, et je vous fais part de mes conclusions sur la manière de les employer, suivant le besoin qu’on en a.


1. Vous voulez laisser une trace pour vous sur un arbre quelconque
2. Vous voulez envoyer un message concernant une fiche au propriétaire de l’arbre que vous visitez
3. Vous travaillez à plusieurs sur un même arbre mais vous n’avez pas tous le statut d’éditeur


Tout d’abord, le post-it se trouve sur chaque fiche, dans la ligne cliquable en haut :
arbre / fiche / Photos et Documents / post-it

 
attention : Généanet est toujours en train d’évoluer ! Le post-it s’apelle dorénavant « annotation » et la manière d’y accéder à changé ! il s’agit maintenant de cliquer sur le carré blanc et gris à droite, avant « Edition ». (Le principe reste le même).
 


1. Vous voulez laisser une trace pour vous sur un arbre quelconque :
Cliquez sur cette fenêtre post-it, il apparaît un petit carré jaune :


Ecrivez une note, par exemple : « j’ai des doutes sur la date de naissance ».
Cliquez sur « fermer la fenêtre » deux fois de suite.
Il apparaît alors un chiffre sur le post-it de la bande de la fiche qui vous signale que vous avez écrit un post-it sur cette fiche :


Attention : si vous voulez rajouter quelque chose à un post-it déjà écrit depuis quelques temps, il se peut que quand vous commencez à taper le complément ce qui a déjà été écrit auparavant DISPARAISSE! Avant d’écrire, faites un ‘copier’ de ce qui est déjà sur la note, pour pouvoir le re’coller’ au cas où…


Si vous voulez savoir quels sont les post-it que vous avez écrits, deux solutions :


On les retrouve sur son arbre dans la rubrique « mes post-it » (‘ma généalogie’ en haut à gauche)



là vous verrez TOUS les post-it que vous avez écrits sur TOUS les arbres.


vous pouvez les retrouvez en triant par individu / par arbre sur lequel vous l’avez laissé / par date à laquelle vous l’avez écrit.


Quand il y en a beaucoup (9 pages chez moi!) c’est bien de pouvoir les trier, mais il faut souvent les regarder un par un pour retrouver ce que l’on veut. Mais cela peut-être quand même un bon outil de travail.


Il se peut aussi que lorsque que vous vous rendez sur un arbre que vous avez déjà visité, vous ayez envie de savoir ce que vous y avez déjà laissé :


2. Vous voulez envoyer un message concernant une fiche au propriétaire de l’arbre que vous visitez
(vous vous demandez quelle est la source de l’information, vous voulez faire remarquer une erreur de frappe, vous êtes cousin avec le propriétaire et vous voulez lui faire partager des informations sur un ancêtre…, ça c’est la solidarité Généanet).
Écrivez le post-it de la même manière qu’en 1.


Au lieu de taper deux fois sur fermer la fenêtre, cliquez sur:
« cliquez ici pour envoyer un message au propriétaire de l’arbre »
(ceci n’est possible que si le correspondant a activé sa messagerie Généanet, bien sûr).


Vous êtes alors redirigé vers un message préécrit. Personnellement, j’attends cette page pour écrire tout en détail, c’est plus facile. On peut personnaliser, changer toutes les formules, mettre salut ! et grosses bises! si c’est un correspondant qu’on connaît bien. Se présenter de manière plus formelle si c’est le première fois qu’on correspond…
Le correspondant saura tout de suite de qui on lui parle : en cliquant sur le lien à la personne, il sera redirigé directement sur la fiche sur laquelle vous avez laissé le post-it.
(« je voulais vous faire part d’une remarque sur UNTEL », s’il a plusieurs untel sur son arbre, c’est bien simple, on est sûr qu’on parle du même).


Le message ouvre « un fil de discussion ». Le correspondant reçoit une alerte dans sa boîte mail normale et est redirigé vers la messagerie Généanet. S’il veut vous répondre, il peut le faire à la suite, et comme cela vous pouvez engager une discussion que l’on espère riche et chaleureuse !
Attention là encore ! Il ne faut pas re-citer de lien à une fiche dans cette messagerie, cela crée une boucle et corrompt le fil de discussion, qu’il faut alors jeter à la corbeille ! Si vous voulez vous référer à une autre fiche, il faut créer un autre post-it et un autre fil de discussion.


La mention « cliquez etc. » n’apparaît qu’à la création du post-it. Si vous avez déjà un post-it sur une fiche et que, quelques temps plus tard, vous vouliez envoyer un message au propriétaire de l’arbre, il vous faut supprimer votre ancien post-it (copiez au besoin les informations existantes) et le recréer.


3. Vous travaillez à plusieurs sur un même arbre mais vous n’avez pas tous le statut d’éditeur
Au lieu de vous envoyer des messages sans fin – quand vous retrouvez un décès, un mariage, un recensement etc .- reliez-vous entre vous par le système « d’invitation », dans « Communauté » > « Contacts ». (Il faut pour cela vous faire confiance car vous allez alors avoir accès aux informations plus confidentielles s’il y en a.)
Une fois que vous êtes « invité » sur un arbre, tous les éditeurs de cet arbre peuvent voir tous les post-it des invités.
Un seul détail (ce qui vous permet de pouvoir continuer à faire des post-it personnels sur une fiche sans en avertir la galaxie) : il vous faut décocher la case « post-it » privé qui apparaît lorsque vous êtes invité pour que ces post-it soient « publics ».


En se rendant dans « post-it sur cet arbre », l’éditeur verra alors vos post-it (d’une couleur différente des siens) et pourra les traiter quand il en aura le temps. C’est plus facile à retrouver que des messages dans une boîte mail, c’est plus direct et plus sûr. Par contre, si il décide de les effacer quand la mise à jour est terminée, ils disparaîtront pour vous aussi. Si tout a été retranscrit sur la fiche, pas de problème, s’il manque des informations, assurez-vous de les avoir gardées ailleurs si elles sont vraiment importantes pour vous.


Par exemple :
J’ai repéré un arbre où la personne fait des relevés de tout un village, mais il lui manque des données. Il se trouve que je travaille sur les mêmes villages et que je croise au cours de mes recherches des dates qui lui manquent (mais qui a moi ne servent à rien). Je trouve dommage de laisser passer toutes ses informations et je ne veux par surcharger mon propre arbre.
Je demande à la personne si mes informations l’intéressent. Si oui, je lui demande de m’inviter sur son arbre.
Alors dans les cases de post-it apparaît la case « post-it privé ». Si je la décoche, elle voit ce que j’écris sinon non, j’écris pour moi seulement.
Je note les données que je trouve dans les post-it des fiches correspondantes.
A la fin de mes recherches, je l’avertis que j’ai terminé et qu’elle peut aller y voir.
Elle va dans la rubrique « post-it sur cette arbre » dans le menu de droite, et si tout se passe bien, elle peut voir sur quelles fiches j’ai laissé des messages et les mettre à jour quand elle a le temps .


et là, on approche de l’indexation, voire de l’arbre global…

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